Comment se déroule une séance de Brainspotting ?

La psychothérapie Brainspotting

Où vous regardez affecte ce que vous ressentez

Avant de décrire le déroulement d’une séance de Brainspotting, je vais vous indiquer les principes de cette psychothérapie. Ensuite, je vais vous donner un maximum d’informations pour comprendre comment se déroule une séance de Brainspotting. Vous pouvez visionner la vidéo correspondante qui vous apportera un compléments d’informations.

La traduction de « Brainspotting » en français n’est pas aisée. Ce pourrait être « repérage dans le cerveau » mais en fait, il s’agit du repérage d’un ou plusieurs points dans le champ visuel du patient.

Mais qu’est-ce que le Brainspotting ? Le Brainspotting est une nouvelle psychothérapie intégrative. C’est « une psychothérapie pleine conscience » dans le sens où le thérapeute et le patient sont centrés sur l’instant présent dans le processus. Après avoir trouvé un point (“spot”) dans le champ visuel, le processus se déroule dans un cadre de  la “double syntonie”. Double parce qu’elle est d’abord relationnelle et est présente dans toutes les psychothérapies (se sentir en harmonie avec la personne), et une syntonie neurobiologique qui s’installe pendant le processus. 

En général, les patients font une démarche de psychothérapies pour des problèmes aussi variés que la dépression, les troubles anxieux, les crises d’angoisse (ou de panique), les troubles du comportements alimentaires, les addictions.

Le Brainspotting est aussi utilisé pour améliorer les performances dans des domaines aussi variés que le sport, la musique, la comédie.

Le début du traitement Brainspotting apparaît rapidement très différent de ce que les patients ont pu connaître auparavant avec d’autres psychothérapies.

Déroulement d’une séance de Brainspotting

David Grand au cours d’une démonstration de Brainspotting avec le pointeur

Le premier entretien en Brainspotting

Clara arrive pour une  première séance parce qu’elle a entendu parler de la nouvelle psychothérapie Brainspotting par un proche, et a vu mes vidéos.

Clara  veut résoudre ses problème d’angoisse, d’anxiété, de souffrance au quotidien, parfois de dépression quand elle a l’impression que tout lâche. Certains patients cachent leur souffrance psychologique derrière des mots comme stress, burn-out… Parfois, ils n’ont pas une idée précise sur la psychothérapie qu’ils veulent suivre. Dans leur parcours, ils ont souvent essayé d’autres approches comme la « thérapies par la parole », la psychanalyse, la gestalt, l’hypnose, les TCC, la méditation

Mes vidéos et maintenant mon livre ont contribué à diffuser la technique auprès du grand public. Mais cette psychothérapie reste encore très méconnue. Ce qui est normal. J’ai commencé à me former, il y a cinq ans. Le Brainspotting commence à être connu par les psychothérapeutes qui s’intéressent aux nouvelles psychothérapies. 

Quand un patient a entendu parler du Brainspotting, il a pu se poser la question de la différence et hésiter entre l’EMDR ou le Brainspotting. Choisir son psychothérapeute et son approche n’est pas chose aisée.

Clara me raconte son passé de crises d’angoisse, de son stress au travail, d’un épisode de dépression quand elle avait vingt ans et pour lequel elle a eu un traitement médicamenteux dont elle a oublié le nom. Elle a cette anxiété qu’ont les patients lors de la première session. Vouloir tout me dire, ne rien oublier. Mais mon travail a déjà commencé. Le thérapeute suit le patient en écoutant sa neurophysiologie.

Dès la première séance le psychothérapeute Brainspotting se met à l’écoute des émotions du patient. Il est attentif au contenu narratif (ce que raconte le patient) mais  écoute principalement ce que dit la neurobiologie du sujet dans l’instant présent. Certes il est important de recueillir des données de l’histoire du sujet mais ce n’est pas le plus important.

C’est une des premières compétences que doit acquérir le psychothérapeute au cours de sa formation Brainspotting. Avec beaucoup de pratique, il ne pourra plus jamais écouter ses patients de la même façon. C’est une écoute somatique sans aucun jugement ni interprétation.

Le démarrage de la séance

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Il arrive que le psychothérapeute commence après dix minutes d’entretien. David Grand par exemple commence rapidement. Le psychothérapeute peut détecter si le cadre de la « double syntonie » est installé. Mais ce n’est pas la règle. Il peut être nécessaire de recevoir toutes les informations, et de tenir compte si le patient risque de sortir de sa zone d’activation émotionnelle ; dans ces cas, la séance de Brainspotting commencera au cours de la deuxième séance.

Plus le thérapeute pratique, plus il est apte à installer une « double syntonie ». Différentes techniques existent pour trouver dans le champ visuel un point, une zone qu’on appelle “spot”. Il peut utiliser un pointeur (une baguette télescopique) ou travailler sur un spot naturel.

En général, la première séance, le psychothérapeute utilise la technique dite de la “fenêtre extérieure” (outside window)

Dans la « fenêtre extérieure » le patient après avoir évoqué son trauma, son problème, le thérapeute l’a amené à percevoir comment cette évocation active différentes réactions neurophysiologiques, il ne participe pas en dehors de suivre du regard le déplacement lent du pointeur. Cette technique est particulièrement utile pour les patients qui amènent leur angoisse de performance dans la séance, et pour les patients ayant un passé de psychothérapie. Ils ont trop souvent l’habitude de vouloir parler et de grandes difficultés à observer leur ressentis.

Une fois le « spot » trouvé par le thérapeute, dans le cadre de la « double syntonie », le patient restera le regard dirigé vers le « spot » dans un processus impliquant la pleine conscience ciblée.

Une fois le processus démarré, le psychothérapeute intervient peu, n’interprète pas, n’induit pas, ne juge pas. Il est demandé au patient de vivre l’expérience sans juger ni intervenir, sans essayer de trouver quelque chose ou de faire des liens. Le patient ne parle pas pendant le processus ou très peu. Le niveau sous-cortical et profond ne l’impose pas et ce serait même un frein. L’expérience interne profonde, variable selon les personnes, l’intemporalité dans la perception de la séance rendent très difficile la possibilité d’expliquer ce qui se passe dans une séance.

Certains patients ont des images, voyages dans des souvenirs traumatiques. D’autres ont principalement des sensations corporelles. Parfois, le patient peut avoir l’impression qu’il ne se passe rien.

En général, à la fin de la séance, le patient se sent plus calme, a pris de la distance par rapport à l’événement qui a entrainé son traumatisme psychique.

Déroulement de la psychothérapie Brainspotting

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Les séances suivantes, le psychothérapeute suit le patient. Dans le cadre de la « double syntonie », il accueille avec le patient ce qui se passe. Il n’a pas un plan de traitement qu’il imposerait en quelque sorte au patient. Parfois, le travail démarre sur quelque chose d’inattendu même par le patient lui-même. Le « principe d’incertitude » et le cadre de la « double syntonie » permet cela. Après plusieurs séances, de façon surprenante le patient se met parfois lui-même en processus de Brainspotting sans que le thérapeute intervienne.

Le travail psychique continue et a principalement lieu entre les séances de Brainspotting. Parfois le patient va mieux mais peut aussi vivre une aggravation qui fait partie du processus.

La durée de la thérapie va de quelques séances à plusieurs années, qu’on soit dans le cadre d’un trauma simple à des traumas complexes avec dissociation. Rien ne permet de prévoir la durée. Parfois un syndrome dépressif sévère est résolu en quelques semaines sans traitement médicamenteux ; dans d’autres cas, il faut plusieurs années devant un tableau apparemment moins sévère. Les traumas aigus sont peut-être les plus prédictifs bien qu’on ne sache jamais s’il y a eu des traumatisations antérieures même quand le patient affirme le contraire.

Les avis sur le Brainspotting après la premières séances dépendent du vécu du processus et des expériences antérieures vécues par le patient.

Choisir son psychothérapeute Brainspotting

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Le choix du psychothérapeute se fait avec certains critères. Il y a aujourd’hui peu de psychothérapeutes Brainspotting. Certains ont entamé la formation, connaissent ou pensent connaitre le modèle mais ne suivent pas la totalité du cursus établi par David Grand. Peu connaissent le déroulement complet d’une psychothérapie Brainspotting.

La maitrise de cette technique m’a demandé de nombreuses formations  et séminaires intensifs.

Je n’ai aucun doute sur le fait que les thérapeutes, dans le futur, se formeront à cette technique.

Durant la première séance, le contact est important qu’on se sente en “syntonie” c’est à dire sur la même longueur d’ondes, à l’unisson, qu’on ait “le feeling” comme on dit. Cependant, la première impression n’est pas toujours la bonne car des protections peuvent se mettre en place dès le début et les personnes traumatisées ont souvent une bonne raison d’éviter l’expérience interne.

Le sentiment le plus important est de sentir en sécurité. C’est fondamental.

Ecarter d’emblée les thérapeutes qui répondent au téléphone pendant la séance, qui gardent et jettent un oeil sur leur smartphone pendant les séances. Ils n’ont rien compris au modèle et au positionnement dans le cadre. Si le thérapeute répond au téléphone, regarde son téléphone, se laisse déranger, la syntonie nécessaire au Brainspotting fera “pschitt” immédiatement.

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