La crise d’angoisse peut traumatiser

La crise de panique est inoubliable

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Les personnes souffrant de crises d’angoisse, dénomination courante de la crise de panique, peuvent être traumatisées par une ou plusieurs crises. La première crise laisse souvent un souvenir impérissable en raison de la soudaineté et de la puissance de l’émotion. Dans la formation EMDR ou Brainspotting, les psychothérapeutes intègrent que la crise de panique peut être traumatisante et apprennent à tenir compte de cette dimension. Dans le plan de traitement de l’EMDR, il est recommandé d’évaluer comment la première crise de panique et/ou la crise la plus forte a pu être traumatisante pour le sujet. En psychothérapie Brainspotting, un épisode de panique peut se présenter naturellement comme étant une expérience traumatisante. Pendant la crise d’angoisse ou de panique, la personne se sent « sans secours », « impuissante » et « en danger ».

Pendant une crise de panique, le sujet a pu être submergé par l’émotion allant de l’angoisse à la terreur comme on peut l’observer dans un événement traumatique aigu. Durant cette crise, la peur de devenir fou, de faire un arrêt cardiaque, de mourir, est si forte que le patient en a encore « froid dans le dos ». La crise de panique peut donc être vécue comme un véritable traumatisme par le sujet. Il s’en suit des attitudes d’évitement de certains lieux et de situations.

Ce traumatisme psychique induit des anticipations négatives avec son cortège d’anxiété anticipatoire, de « peur d’avoir peur », et par conséquence d’évitement des situations anxiogènes rappelant la crise d’angoisse ou de panique. La «peur d’avoir peur », d’être submergé à nouveau par l’émotion « peur », est bien connue des patients qui présentent des crises d’angoisse ou de panique et des psychothérapeutes TCC (thérapies cognitivo-comportementales).

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Le sujet passe ainsi plus de temps à anticiper un danger, à avoir peur de revivre la panique, que de revivre une vraie crise telle qu’il l’a connue.

Crise de panique et trauma psychique

Dans un étude israélienne publiée en juillet 2018, les scientifiques ont demandé à 178 sujets d’évaluer les éléments d’un Syndrome de Stress post-traumatique (SSPT) concernant leur pire attaque de panique et d’autres événements de vie. On a trouvé que plus d’un tiers des personnes paniquées ont été dépistées positives au syndrome de stress post-traumatique lié à l’attaque de panique.

À la suite de facteurs de stress importants, les personnes ayant des troubles anxieux préexistants, y compris la présence d’une anxiété durant l’enfance, sont plus à risque que les autres de développer un SSPT. Les enquêteurs se sont demandés si les attaques de panique pouvaient elles-mêmes générer un SSPT.

La plupart des participants ont rapporté des palpitations, et beaucoup ont rapporté de nombreux symptômes somatiques; 86% ont signalé 4 ou plus symptômes, ce qui était un diagnostic de trouble panique, et 23% ont signalé 10 ou plus attaques de panique. Le dépistage d’une variété d’expériences de vie traumatiques a permis de déterminer comment les symptômes de SSPT liés à la panique étaient liés aux symptômes associés à d’autres événements traumatiques (p. Ex., Mort subite violente signalée par 12% et agression physique signalée par 47%).

Parmi les participants, 35% ont rapporté au moins un degré modéré de SSPT lié à leur pire attaque de panique; en comparaison, 32% ont attribué un état de stress post-traumatique considérable à une agression physique et sexuelle et 54% à une mort violente soudaine.

Le SSPT lié à la panique était associé à un plus grand nombre d’attaques, à la gravité de la détresse au cours de la crise de panique, à la peur de devenir fou et à l’agoraphobie.

Commentaire :

Malgré ses limites, cette étude souligne néanmoins le fait que tous les facteurs de stress entraînant un Syndrome de stress post-traumatique ne sont pas externes.

Les symptômes du SSPT peuvent apparaître à la suite de nombreuses autres affections psychiatriques (par exemple, des épisodes psychotiques) et des expériences médicales et chirurgicales traumatiques. Ces résultats illustrent également comment un cercle vicieux peut s’installer, et des boucles de rétroaction peuvent causer des symptômes d’anxiété qui, par effet boule de neige, peuvent conduire à une nouvelle crise d’angoisse ou de panique. Les psychothérapeutes et leurs patients doivent tenir compte de ces relations complexes dans le traitement.

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La dimension traumatisante de la crise d’angoisse ou de panique doit être pris en compte dans le traitement et être retraitée comme un trauma par l’EMDR, le Brainspotting ou toutes thérapies effectives comme les TCC, la somatic experiencing. Choisir son psychothérapeute et sa prise en charge est vraiment à considérer avec attention. La psychoéducation sur la réalité du danger d’une crise de panique est fondamentale. Surtout le patient doit comprendre qu’il n’est pas seul et qu’il doit pouvoir aborder le sujet et en parler à son médecin ou ses proches.

Source :

Shasha T et al. Incidence and clinical features of panic related posttraumatic stress. J Nerv Ment Dis 2018 juil; 206: 501.

2 réflexions au sujet de “La crise d’angoisse peut traumatiser”

  1. BONJOUR, votre vidéo me parle beaucoup mais j’aimerais savoir comment faire la différence entre anxiété et angoisse ? Car je me sent anxieux et angoissé est cela peut-etre juste du a un problème de thyroide parce que je suis en hyperthiroidie actuellement et en sevrage tabagisme

    • Bonjour, la frontière entre anxiété et angoisse est une question d’intensité et de durée. On peut avoir un fond d’anxiété avec des pics d’angoisse. L’hyperthyroidie s’accompagne en effet d’anxiété ou l’aggrave. Idem le sevrage tabagique.

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