Une étude longitudinale chez des patients hospitalisés gravement déprimés corrobore une hypothèse de longue date.

La maltraitance infantile émotionnelle et physique est associée à des dépressions chez l’adulte plus sévères, chroniques et récurrentes et a été associée à de petits volumes de zones cérébrales spécifiques.

Pour en savoir plus, les chercheurs ont examiné les résultats cliniques sur deux ans de 110 adultes hospitalisés pour une dépression en Allemagne et ayant subi une IRM cérébrale, et ont rempli un questionnaire sur les traumatismes de l’enfant au départ.

Les participants ont été divisés en un groupe sans rechute (n = 35) et un groupe en rechute (n = 75), et des analyses ont été effectuées pour contrôler la gravité initiale de la dépression, ainsi que le type et la quantité de médicament prise.

Des scores de traumatisme plus élevés étaient associés à une plus grande probabilité de rechute à 2 ans. Les scores de rechute et de traumatisme élevé étaient associés à une surface corticale de base faible, principalement dans l’insula droite.

Dans des analyses ultérieures, le lien entre le score de traumatisme de départ de l’enfance et la rechute ultérieure était influencé par les réductions de la surface de l’insula droite. Les résultats étaient similaires dans une analyse de sous-groupes appariés pour la chronicité de la dépression.

COMMENTAIRE

Ces résultats suggèrent que les effets de la maltraitance infantile sont, par le biais de la biologie, une probabilité accrue de rechute dépressive future.  Cette conséquence est en rapport avec des altérations de l’insula, une structure clé impliquée dans l’expérience viscérale de l’émotion. Il est difficile de savoir si ces altérations préexistaient au début comme conséquences précoces de la maltraitance ou sont plutôt des «cicatrices» cérébrales de l’épisode dépressif.

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Malgré cette incertitude, l’étude confirme les conclusions antérieures selon lesquelles la maltraitance dans l’enfance avait des effets à long terme sur la fonction cérébrale, qui aggravent l’évolution et les conséquences des troubles de l’humeur. Que le traitement puisse inverser ces changements cérébraux reste également inconnu.

Comme je le souligne dans mon livre “Guérir de ses traumatismes avec le Brainspotting“, les traumas complexes doivent être prises en charge de façon globale et les traumas retraités. Les défenses notamment d’immobilité tonique peuvent empêcher la guérison.

Référence :

Opel N et al. Mediation of the influence of childhood maltreatment on depression relapse by cortical structure: A 2-year longitudinal observational study. Lancet Psychiatry 2019 Apr; 6:318

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